HEBEL-KOLPORTAGE. la librairie Le Livre de Tours s’associe à Pontcerq pour colporter des historiettes depuis son lieu.

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Hebel, en Allemagne admiré de Kafka, Benjamin, Bloch, Brecht, Tucholsky, Heidegger, Canetti, Sebald, est en France peu connu. L’idée est de l’y introduire par la voie du colportage, anno 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, de l’y faire entrer non d’abord par un recueil complet, un livre clos – mais sous la forme éparpillée de tracts, de blogs, de feuilles volantes et brochures, dans des cercles, revues, groupements divers et attroupements, par le biais de lectures et de situations, où il n’a (à l’évidence) rien à faire ; dans des lieux occupés, habités ; dans des forêts ; sur des bords d’étangs et le long de quelques rivières un peu longues et non centrées (Meuse, Vilaine, Loire, etc.). « Voilà les histoires de Hebel. Elles ont toutes un double fond. En haut, le meurtre, le vol et les jurons ; en bas, la patience, la sagesse et l’humanité. » (Walter Benjamin) Ces historiettes furent la première fois imprimées dans des almanachs populaires que les autorités religieuses faisaient circuler dans les campagnes du Bade, depuis Carlsruhe : c’étaient les années de la Révolution en France, puis de la guerre en Allemagne – jusqu’en 1815. On vendait l’almanach – qui sortait en octobre – sur les marchés d’automne. Hebel, petit professeur de lycée, et membre de commissions du clergé protestant, eut pour tâche de fournir ces almanachs en historiettes, anecdotes, causeries, voire petits exercices mathématiques et devinettes. « Vous savez à quoi cela engage lorsque l’on veut faire passer ce qu’il faut dire à un public déterminé dans la vérité et l’évidence de sa vie » – « sans être aperçu ni interpellé 1». En ce printemps 2021, la librairie Le Livre de Tours s’associe à Pontcerq pour colporter des historiettes depuis son lieu. Or Hebel n’est pas ici un étranger : les amies et amis de la Maison, place du Grand Marché, savent que depuis des années c’est très souvent que les lectures organisées au Livre se terminent par une ou deux historiettes hébéliennes bien senties, lancées dans l’assistance, puis trans- ou colportées depuis là on ne sait trop jusqu’où.