Rencontre : Jean-Christophe Bailly 26 juin 2021 à 15 heures au château du Plessis 118 Rue du Plessis, 37520 La Riche

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Rencontre en plein air en l’aimable accueil de la compagnie José Cano Lopez

(Il est vivement conseillé de réserver au 0247663552 ou au 0247283939)

       A l’occasion de la parution de

Jours d’Amérique (1978-2011). Editions du Seuil

&  Café Néon et autres îles (Chemins grecs). Editions Arléa 

& La Reprise et l’Eveil (Essai sur l’œuvre de Jean-Marc Cerino). Macula

 

« La solution que j’ai choisie, pour ces carnets américains comme pour d’autres, est la première : non que je considère comme définitif ce qui a été révélé chemin faisant, mais justement parce qu’il y a dans les formes mêmes de l’inachèvement une ombre de vérité qui mérite peut-être aussi qu’on la laisse en paix. C’est du moins ce que je crois, et cela a partie liée avec la question bien épineuse du poème : c’est vers le poème que selon vers moi tout doit tendre, mais il est des formes de tensions diverses et la notation, avec ses vitesses et aussi ses oublis, est l’une d’entre elles. » Bailly  in Jours d’Amérique, p8.

 

«  Le moyen de repousser la sensation de vanité qui ne manque pas de venir lorsqu’on se relit est fourni amicalement par Kafka, qui écrivait dans son journal, à la date du 5 septembre 1923 : « Il est impardonnable de voyager – et même de vivre – sans prendre de notes. » Je ne pense pas qu’il soit trop cavalier de s’abriter derrière pareil exemple, au contraire, il s’agirait plutôt de l’exemplarité d’une voie à suivre, et qui étincelle au loin. » Bailly, Chemins grecs, p11.

 

« L’idée conductrice est celle d’un sauvetage. Du gigantesque fonds d’archivage offshore où toutes les images du monde sont mêlées, emportées par des courants, capturées, pillées, il s’agit d’en ramener quelques-unes au port. Le port, c’est l’atelier, et il fonctionne comme un bassin de radoub. Là, devant l’image extraite de la masse et sauvée de l’oubli, Jean-Marc Cerino va se livrer à des opérations que l’on peut comparer au carénage, à cette différence près que le but n’est pas de rénover ou d’entretenir l’image, mais de lui rendre les pouvoirs que l’usage ou l’oubli lui ont enlevés. Ici je tente cette métaphore liée à la navigation, mais celle qu’utilise plus couramment l’artiste pour caractériser son travail est celle de la reprise, ou du reprisage, tels qu’ils se pratiquaient avant l’ère – récente – du jetable et de la surconsommation. » Bailly, La Reprise et l’Eveil, p10.

 

Jean-Christophe Bailly est né en 1949 à Paris et écrivain. Il a longtemps dirigé la collection « Détroits » chez Christian Bourgois et une collection d'histoire de l'art chez Hazan. Il s'est occupé également de théâtre, à la fois comme auteur et comme « fabriquant », souvent à l'étranger (Inde, Russie, Italie) où il a accompagné Georges Lavaudant et Gilberte Tsaï ainsi que Klaus Michael Grüber et Gilles Aillaud. Outre ses pièces de théâtre, il a publié une vingtaine de livres. Avant tout des essais mais aussi deux fictions (récits plus que romans), un journal de voyage (en Inde), des poèmes et de nombreux articles parus dans différentes publications, ainsi que des monographies sur des artistes contemporains. Jean-Christophe Bailly est un auteur indéfinissable, à la croisée de l'histoire, de l'histoire de l'art, de la philosophie et de la poésie. Il a notamment publié Le versant animal (Bayard, 2007), L’Atelier infini (Hazan, 2007), L’Instant et son ombre (Seuil, 2008), Le Dépaysement (Seuil, 2011) pour lequel il a reçu le prix Décembre, ainsi que Le Parti pris des animaux et La Phrase urbaine (Seuil, 2013).